La pression comprime les cavités
En descendant, la pression augmente d'environ 1 bar tous les 10 mètres : à −10 m, le volume des gaz est déjà divisé par deux (loi de Boyle-Mariotte). Les cavités aériennes — oreille moyenne, sinus, masque — se compriment.
L'oreille moyenne ne s'équilibre que par la trompe d'Eustache. Sans apport d'air à temps, la dépression tire sur le tympan : d'abord la douleur, puis le barotraumatisme. Compenser, c'est rétablir la pression dans ces cavités au fur et à mesure de la descente.
À retenir. À −10 m, vos poumons sont déjà à moitié de leur volume de surface. La compensation n'est pas un confort : c'est ce qui protège le tympan à chaque mètre.
De la plus simple à la plus fine
Valsalva
Pour débuterNez pincé, on souffle doucement. Simple à apprendre, mais elle demande un effort thoracique et devient peu fiable au-delà de ~10 m. Bonne pour débuter, on la quitte vite.
Frenzel
Référence dès l'AELGlotte fermée, la langue fait piston et pousse l'air vers les oreilles. Pas d'effort thoracique, donc pas d'interférence avec le blood shift : elle fonctionne à toutes les profondeurs, y compris tête en bas.
BTV
Avancée, non exigéeBéance tubaire volontaire : l'ouverture volontaire des trompes, mains libres, la plus douce. Rare et difficile à acquérir, elle n'est pas exigée à l'AEL.
Cinq étapes, apprises à sec
On l'apprend à sec, par étapes, avant de l'emmener en immersion :
Fermer la glotte
Comme pour bloquer l'air juste après un gargarisme.
Placer la langue
Pointe de la langue contre le palais.
Pousser
La langue remonte en piston et comprime l'air vers l'arrière.
Coordonner
Nez pincé + poussée de langue — les oreilles se débouchent.
Intégrer en immersion
D'abord en surface, puis en descente lente.
À retenir. Décomposer ainsi évite la faute classique : vouloir tout faire d'un coup, et forcer. Une étape à la fois, à sec, jusqu'à ce que le geste devienne automatique.
Tôt, en douceur, jamais enrhumé
Compenser tôt et souvent
Avant que la gêne n'apparaisse : on anticipe dès le canard, puis à chaque mètre. Jamais en retard sur la descente.
Ne jamais forcer
Une compensation en force peut léser l'oreille. Si une oreille ne passe pas : on arrête, on remonte de quelques mètres, on réessaie en douceur — et on renonce si ça ne passe toujours pas.
Jamais enrhumé
Jamais de plongée avec un rhume, une sinusite ou une allergie : trompe ou sinus obstrués, la compensation devient impossible. C'est une contre-indication temporaire.
Support pédagogique (S. Andlauer · stagiaire MEF1), d'après le Manuel de Formation Apnée FFESSM, les Préconisations FFESSM et le Code du sport. Cette fiche ne remplace ni une formation encadrée en club, ni la validation d'un jury.